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Didier Ibao

Un théâtre réunionnais en recherche d’identité…

La problématique du rapport Théâtre/Public est récurrente, même en Europe.

Il nous faut comprendre, pour les intégrer, les spécificités de ce rapport à la Réunion.

Au terme de 10 ans d’expériences, mon questionnement d’acteur s’articule autour de 2 axes : Le théâtre réunionnais aujourd’hui, et le public.

Comment en finir avec la notion de public de théâtre « averti » pour l’élargir au plus grand nombre, y aurait-il un autre public avec d’autres pratiques, un public en devenir ?

Existe-t-il un théâtre réunionnais aujourd’hui, comment se définirait-il ?

A mon sens, chacune de ces questions porte en elle une réponse à l’autre, elles sont intimement mêlées.

Je considère aujourd’hui le théâtre comme un échange avec le public et indissociable de ce dernier : L’équipe créatrice propose un objet artistique dans lequel le public se reconnaît, se divertit, se « purge » par un phénomène de catharsis.

Ce partage me semble manquer d’amplitude quand je constate l’absence récurrente d’un public populaire* dans les salles de spectacles.

De ce constat émerge aujourd’hui le désir d’explorer des formes de théâtralité permettant de questionner plus profondément le lien entre le public réunionnais et le théâtre.

Dans cette démarche chère à Jean Vilar d’un théâtre public, selon moi tout public, le lien à la langue, à l’imaginaire collectif, aux références populaires et aux références communes (mythes), doit être au cœur d’un théâtre de proximité au plus près du public.

Ainsi, amener le théâtre dans des lieux atypiques sera au centre du projet de la compagnie.

Ce théâtre de proximité vers lequel je tends doit s’inscrire dans une dynamique globale, dépassant le simple cadre de la diffusion, pour créer autour de chaque représentation une forme d’accompagnement du/des public(s) (rencontres, lectures, résidences, ateliers…).

Parce que l’art s’enrichit d’être donné et reçu, il représente l’un des derniers bastions possibles de partage équitable. Les œuvres et les théâtres deviennent des lieux de résistance à la pensée unique. Ils doivent maintenant devenir des lieux où les clivages sociaux, économiques et générationnels explosent.

La démocratisation de la culture ne se résume pas à la simple notion pédagogique de l’apprentissage des codes. Il ne s’agit pas d’éduquer le public, ni d’imposer à la majorité l’hégémonie d’une minorité dite « public averti / élitaire », mais simplement de provoquer la rencontre entre le plus grand nombre et une œuvre.

Ainsi, le théâtre porté par la Konpani Ibao sera un théâtre de proximité s’attachant à promouvoir et valoriser la langue/les langues, à questionner la société réunionnaise sur sa singularité, son universalité, son devenir, dans une forme vagabonde utilisant le matériau poétique, fortement présent dans la littérature réunionnaise. 

Didier IBAO

Rapèl po zot konèt :

* Tout roprodiksyon kopiaz, kiswa tèks, foto, fo domann lotorizasyon lo rèsponsab lo Sit Wèb.

Kiltir Larénion

 

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